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21/09/2015

L’Energie Analytics : un levier d’innovation

Les entreprises cherchent continuellement à innover pour se différencier de leurs concurrents, attirer de nouveaux clients et les fidéliser. Depuis plusieurs années maintenant, ces innovations sont majoritairement liées aux nouvelles technologies. La valorisation des données ne fait pas exception. Cette nouvelle activité, qui consiste à collecter et analyser des données afin de générer une nouvelle source de revenu, n’est devenue performante que grâce aux nouvelles technologies.

En effet, la collecte de données n’a jamais été aussi facile : les objets connectés, que ce soient des montres, des thermostats ou autres outils, permettent de réunir une multitude d’informations. Les logiciels sont également de plus en plus performants : ils peuvent analyser des données complexes qui n’auraient aucun sens au premier coup d’œil pour en tirer des conclusions utiles.

Comment la valorisation des données est utilisée par les entreprises ? Quels sont les réels bénéfices associés à cette activité ? Et comment celle-ci est-elle utilisée dans le secteur énergétique ?

  1. Qu’est-ce que la valorisation des données ?

La valorisation des données permet à l’entreprise de dégager un revenu additionnel, en appliquant le processus suivant :

  • Analyser des informations détenues par l’entreprise
  • Les rapprocher d’autres données
  • Leur appliquer des traitements analytiques pour leur donner un sens nouveau

Malgré la contrainte technologique levée, la collecte des données reste une étape délicate du processus. En effet, il est parfois difficile d’obtenir le consentement des individus qui peuvent craindre une atteinte à leur vie privée. Pour les convaincre, certaines entreprises leur offrent des avantages. Par exemple, une start-up belge valorise, pour des enseignes clients, les données de localisation et de navigation de consommateurs. En échange elle offre à ces derniers des offres promotionnelles chez différents commerçants.

Pour améliorer la quantité et la qualité des données récoltées, certaines entreprises n’hésitent pas à s’associer. C’est le cas des trois principaux opérateurs téléphoniques britanniques qui ont créé une filiale « Weve » pour mettre en commun leurs données, puis les valoriser. Leur objectif final est de développer des services innovants sur les marchés du marketing et des paiements mobiles.

Cette nouvelle activité permet donc d’améliorer des services déjà existants ou d’en développer des innovants à forte valeur ajoutée. D’après une étude de Booz & Co de 2014, le secteur financier (banques, assurances et autres institutions financières) à lui seul représenterait un marché de $300 Mds/an d’ici 2016. Par conséquent, la question de la valorisation des données s’imposera à une majorité d’entreprises, quelque soit le secteur d’activité (Apple, Airbus, Siemens…) comme une évidence, voire une nécessité. En 2016, 30% d’entre elles devraient d’ailleurs monétiser leurs données.

Cependant, ces entreprises devront faire face à de nouveaux challenges. Tout d’abord, elles devront s’équiper de technologies permettant de donner du sens à des données difficilement appréhendables. De tels logiciels existent déjà. Mais elles devront surtout développer une culture analytique, c’est-à-dire qu’elles auront besoin de nouvelles compétences spécialisées, comme des Data Scientists ou un Chief Data Officer pour piloter l’organisation spécifique.

  1. Application à l’énergie : Energy Data Management

L’Energy Data Management consiste à collecter des données de consommation énergétique, les analyser pour ensuite vendre un service ou des conseils aux clients, afin qu’ils changent leur habitude de consommation.

 

L’intérêt premier pour le client est de réduire sa facture énergétique en réduisant sa consommation et en mettant en évidence des possibles surconsommations assimilées à des pertes énergétiques. Pour les entreprises fournissant le service, cela crée, bien évidemment, une nouvelle source de revenu, mais permet aussi de fidéliser ses clients. Pour un producteur ou distributeur d’énergie, cela aide également à lisser la pointe de consommation.

Plusieurs projets pilotes ont été menés pour déterminer la valeur du « Energy Analytics ». Au cours de son étude, Siemens a montré que l’Energy Data Management pouvait actuellement aboutir à une réduction de plus de 5% des coûts énergétiques par an.

Or, compte tenu de la facture annuelle d’un ménage français moyen, cela n’était pas intéressant de développer une telle offre. Ainsi, les offres actuelles se limitent au secteur industriel.

Siemens a adapté son service en fonction de la taille et des besoins de l’entreprise. Cela va d’une simple étude de la consommation énergétique d’un site à une analyse approfondie pour établir des mesures d’économie détaillées.

Des entreprises qui n’ont, de prime abord, aucun lien avec l’énergie s’implantent également sur ce marché. Ainsi, Vodafone, une entreprise de télécommunication, vend sa solution M2M (machine-to-machine) en proposant un service d’optimisation de consommation énergétique aux industriels. Celui-ci consiste à auditer le client en examinant son offre de fourniture et ses sites, puis à démarrer une phase pilote. Une fois les tests concluants, la solution est déployée sur l’ensemble des sites du client pour un contrôle global de la consommation.

Ils estiment que leur solution permettra de connaître les pertes énergétiques en temps réel et donc d’y faire face en changeant les processus industriels, en éduquant le personnel et en améliorant les équipements. Cela aidera également à corriger les estimations de consommation, à challenger les factures et à négocier de meilleurs tarifs.

Conclusion

La valorisation des données est une activité destinée à analyser des informations afin de développer de nouveaux services. Elle permet donc d’accroître la rentabilité et la compétitivité d’une entreprise.

Dans le secteur énergétique, ces nouveaux services sont principalement proposés aux industriels pour réduire leur facture énergétique, mais également pour être en accord avec les règlementations gouvernementales. Réduire ses pertes énergétiques et donc sa consommation permet de diminuer son empreinte carbone. Ces solutions sont donc particulièrement adaptées aux clients qui souhaitent obtenir la certification ISO 50001. Celle-ci donne les lignes directrices pour développer une gestion méthodique de l’énergie afin de privilégier la performance énergétique.

Cependant, grâce à la multiplication des objets connectés dans les foyers, tels que les thermostats Nest ou les compteurs intelligents Linky, nous pouvons également imaginer que de nouveaux services vont rapidement se développer pour le secteur résidentiel. La difficulté sera alors de proposer des solutions utiles aux clients et rentables pour les entreprises.

Sophie Fleischmann

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