• Print
  • Decrease text size
  • Reset text size
  • Larger text size
13/07/2017

Retour sur la vague de chaleur de juin 2017

Courant juin, la France a été touchée par une intense vague de chaleur. Les températures se sont élevées parfois à 12°C au-dessus des normales, atteignant des valeurs extrêmes, avec 36°C à Paris par exemple le 21 juin. Ce phénomène climatique a eu un véritable impact sur le réseau électrique français, avec une sensible augmentation de la consommation à l’échelle nationale. Sia Partners vous propose quelques clés pour mieux en comprendre l’impact et la comparer aux épisodes météorologiques similaires vécus par le passé.

Intensité de la vague de chaleur

 

La vague de chaleur d’août 2003 est restée dans les mémoires comme un épisode particulièrement intense, et même meurtrier. En 2017, l’épisode n’a pas été aussi intense, mais le mercure est tout de même monté dans des proportions comparables aux vagues de chaleur de Juillet 2006 et Juillet 2013.

 

La température maximale atteinte en juin 2017 au niveau national est de 33,7°C, ce qui est comparable aux valeurs de 2006 (33,5°C) et nettement supérieur à 2013 (32°C). Bien qu’en intensité largement comparable, la vague de chaleur du mois de juin fut plus courte qu’en 2006 et 2013, ne durant que 10 jours contre 20 en 2006 et 12 en 2013. La durée de la vague de chaleur combinée au calcul d’un indicateur d’intensité (température moyenne journalière maximale atteinte) permet de la classer parmi les épisodes similaires ayant touché le territoire français.

 

Impact de la vague de chaleur sur la consommation électrique nationale

 

Les fortes chaleurs provoquent une consommation plus importante liée à l’utilisation plus intense de la climatisation, ce qui fait apparaître un gradient de consommation lors des vagues de chaleur, qui varie selon les régions. L’Ile de France et la Côte d’Azur voient ainsi leur consommation augmenter fortement. A l’échelle nationale, cela se traduit par un gradient de thermosensibilité d’environ 560 MW/°C pour des températures supérieures à 25°C[i]. L’épisode de juin 2017, avec + 12°C au-dessus des normales de saison, implique une surconsommation de 6 GW environ, soit l’équivalent de l’exercice de 6 tranches de réacteur nucléaire.

 

Pour rendre compte de l’impact de la climatisation, sont comparées les journées du lundi 12 Juin 2017, pour laquelle la canicule n’était pas déclarée, et celle du lundi 19 Juin, journée caniculaire. Le 12 Juin, la température nationale a atteint les 24°C, contre 32°C pour le 19 Juin. Le différentiel de consommation s’est élevé à 3,8 GW (en cohérence avec le gradient national évoqué précédemment). Le différentiel de consommation est au plus haut entre 10h et 18h, période de la journée pour laquelle les besoins en climatisation sont les plus élevés, notamment pour les bureaux et les grands espaces.

 

Une surconsommation compensée par la production photovoltaïque

 

Contrairement aux vagues de froid[ii], cette surconsommation estivale ne ravive pas les inquiétudes pouvant peser sur la capacité du réseau à répondre à de forts pics de consommation. En effet, les très fortes chaleurs s’accompagnent généralement d’une irradiation importante, ce qui augmente sensiblement la production photovoltaïque (PV). Puisque le profil de production PV correspond aux besoins en climatisation (nulle pendant la nuit, au plus fort dans l’après-midi), la production solaire coïncide presque parfaitement avec l’écart de consommation généré par la vague de chaleur.

L’exemple de l’écart de consommation entre les lundis 12 et 19 juin l’illustre bien : c’est l’électricité PV qui a été consommée (aire orange sur le graphique ci-dessous) et a ainsi permis de compenser les 3,8 GW additionnels consommés le 19.

La surconsommation engendrée par les grandes chaleurs est moindre et plus facile à compenser qu’une surconsommation en période de grand froid, puisqu’elle s’accompagne naturellement d’une surproduction solaire importante.

 

Sia Partners

 

Notes & Sources

[i] Le gradient chaud de surconsommation à l’échelle nationale est largement inférieur en valeur absolue au gradient froid de surconsommation (0,5 GW/°C contre -1,6 GW/°C).

[ii] Consultez notre article sur la vague de froid de janvier 2017

0 commentaire
Publier un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
Image CAPTCHA
Saisissez les caractères affichés dans l'image.
Back to Top